Maaya Travel, votre agence Touristique au Mali.

Français
English
Italiano

PAYS DOGON
Située sur la frontière du Burkina Faso, le Pays Dogon est classé sur la liste du patrimoine de l'humanité ! Il est impensable d'aller au Mali sans visiter cette région !

Le Plateau - La Falaise - La plaine - Préhistoire - Histoire - Dogons et voisins
Les Toloy - Les Dogon - Architecture et culture - Cosmogonie
Croyances et culte - Structure sociale - Le village - Tradition
Vie familiale - Vie dogon - Activités - Commerce - Proverbes


Le Pays Dogon se situe au sud-ouest de la boucle du Niger, dans la région administrative de Mopti (cercles de Bandiagara, Koro et Bankas), près de Douentza et, au Burkina Faso, au nord-ouest de Ouahigouya. Dans le cercle de Bandiagara, 80 % de la population est Dogon, de confession traditionnellement animiste. A l'est des cercles de Koro et Douentza, à la limite du Gourma, c'est-à-dire du pays des Peul. Le pays Dogon est donc entouré par un monde musulman : d'abord par les Peul, éleveurs nomades, par les agriculteurs Mossi et Bobo, et par les pêcheurs Bozo.

Le Pays Dogon semble perdu au milieu du Mali mais il demeure l'un des sites les plus fascinants de l'Afrique de l'Ouest. Les Dogon et la Falaise dans laquelle ils vivent représentent un monde à part : un univers vertical, structuré autour d'un Renard Pâle et de dieux sans pareils, de Forgerons et de "Hogon", d'Initiés et de Débutants, de fêtes se déroulant tous les 60 ans, de masques et de danses incomparables, de légendes archi-complexes et fascinantes.

Région très accidentée, le pays Dogon se partage entre 3 espaces distincts : le Plateau, la Falaise, et La Plaine.

Le Plateau : D'une altitude comprise entre 400 à 700 m, il est constitué de tables de grès, d'environ 200 Kms de long. Le plus important cours d’eau arrosant le pays s’appelle le Yalé, qui est un affluent du Fleuve Niger, l’activité principale des populations est la culture des céréales sèches. Les cultures de contre - saison (avec apport de fumure, de terre et la présence de nombreux petits barrages) leur permettent de faire d’importantes récoltes d’oignons, de piments et de tabac. La ville la plus importante est Bandiagara (12 000 habitants) la majorité des constructions traditionnelles du plateau utilise d’abord la Pierre, puis le Banco.

La Falaise : constituée de plateaux gréseux qui montent en pente très douce depuis le Niger. C'est la partie la plus touristique du pays, car c'est sans doute dans cette région que se trouvent les plus beau villages, les villages sont accrochés aux éboulis (200 km de long) le point culminant en est Bamba (791 m), zone de cailloutis ou les éboulements sont fréquents. on y trouve cependant une plus importante végétation que sur le plateau (fromagers, karités, baobabs, jujubiers, tamariniers...) grâce aux eaux de ruissellement, le terrain, souvent en espalier y est assez fertile (mil, sorgho, maïs) c’est encore la région la plus peuplée avec des villages perchés à l’architecture de Banco.

La Plaine du Seno : Les dogons se sont installés tardivement dans cette région, car ils étaient chassés par les éleveurs Peulh, les Mossie te les Songhaî (ékeveurs). C'est grace à la pacification des Français qu'ils opurent s'y installer. Aride et sableuse, c’est le domaine de la culture de maraîchage, l’eau est plus accessible (mares, forages, puits), le transport est plus facile, c’est pourquoi on y trouve les gros villages comme Bankas, Madougou, Koro, Diankabou... avec une architecture hétéroclite (pierre, banco, tôle ondulée...). La circulation dans la plaine est plus facile, l'isolement moindre, et les habitants vivent du commerce entre le Burkina Faso et les villages de l'intérieur.

Dogon et Préhistoire
Il semble qu'à l'origine les Dogon aient appartenu à un groupe de familles issues d'un système politique d'Afrique de l'Ouest fuyant une agression ou des désordre.
Il semblent qu'ils ont traversé le fleuve Niger et qu'ils se soient dirigés vers l'est. Plusieurs hypothèses essaient de relier cette épopée aux faits historiques qui bouleversèrent la région.
Les Dogon ne sont pas originaires de la terre qu'ils habitent aujourd'hui, bien que la région de la boucle du Niger soit habitée depuis la préhistoire : on y a retrouvé des objets en pierre taillée et polie. Jean Rouch a découvert, dans la région de Hombori, des briques de terre cuite qui témoignent de techniques plus élaborées. Toutefois, la prospection méthodique de cette région reste à faire.
Les seules sources dont nous disposions pour connaître les anciens habitants du pays Dogon sont la tradition orale et les vestiges des habitations situées dans la Falaise.
La tradition orale nous livre plusieurs récits, avec leurs variantes. Ils peuvent tous donner lieu à interprétations; toutefois la chronologie reste à peu près identique.

Les premiers occupants connus du Pays Dogon seraient de petits hommes appelés Bana (rouge) ou Tellem ou encore Pygmées. Ils vivaient de chasse et de cueillette à une époque où la forêt arrivait vraisemblablement au pied de la falaise. Un peuple, nommé Kurumba, apprit aux Bana comment construire des maisons sur les plates-formes de la Falaise. Des vestiges encore visibles font apparaître des constructions en petites briques en forme de petits pains non séchées et empilées en quinconce.

Les murs avaient une dizaine de centimètres d'épaisseur et l'entrée se faisait par une ouverture d'environ 70 cm de côté, placée à 20 ou 30 cm du sol.

Les vestiges les plus nombreux se trouvent au-dessus du village de Irelli, ou encore près de Amani. L'accès aux habitations se faisait par des cordages tressés de fibres végétales ; certains permettaient de descendre directement de la maison jusqu'au sol,.

Il est vraisemblable qu'un réseau de cordages, et peut-être d'échelles, les reliait entre elles. La Falaise offrait ainsi une protection sûre aux Tellem.

Les récits Dogon dépeignent les Tellem comme un peuple d'un tempérament agréable et non agressif. Certains pensent qu'en arrivant les Dogon rejetèrent les Kurumba vers l'Est, au-delà du Burkina Faso, et qu'ils ne furent en contact qu'avec les Bana ou Tellem, avec lesquels ils cohabitèrent quelque temps.
La tradition prétend que les cultivateurs Dogon défrichèrent la forêt pour établir leurs champs, détruisant ainsi le moyen de subsistance des chasseurs Tellem et les obligeant à quitter le pays.

 Dogon et Histoire
Une opinion situe la migration Dogon vers la Falaise aux environs du XIVe siècle.
Les Dogon auraient été les serfs des empereurs Keïta, qui régnaient sur le Mandé vers l'an 1300. Le Mandé, le "pays où vit le roi", arrivant alors à sa décadence, les serfs se seraient trouvés libérés mais sans protecteur.

Le thème de la fuite devant un ennemi à cheval revient toujours dans les légendes Dogon . Certaines précisent même des musulmans. Il est tout à fait possible qu'il s'agisse des Almoravides qui envahirent l'empire du Ghana entre 1050 et 1080.
Le thème de l'Ancêtre-Serpent est très important dans la mythologie Dogon ; en l'an 1000, le Ghana était animiste et la croyance principale concernait le Dieu Serpent du Ouagadou,

Les légendes anciennes du Mali ne parlent presque pas des Dogon, bien que la proximité de Tombouctou, de Gao et Djenné ait pu être importante pour eux.
Si l'on considère que durant sept siècles, ces grandes cités ont été le centre culturel et commercial de l'Afrique de l'Ouest, on peut penser que les Dogon aient subi certaines influences.

Les Peul, qui furent les grands propagateurs de la religion musulmane en Afrique, les ont harcelés en permanence. La résistance des Dogon à l'islam les a obligés à se replier sur eux-mêmes.

En 1893, le général Archinard, à la tête des troupes françaises, s'empara de Bandiagara ; la ville, sur ordre du Hogon de Sangha résista victotieusement pendant trois jours .
Et le pays Dogon ne fut totalement pacifié qu'en 1921.

Si l'occupation française a permis la pénétration de missionnaires chrétiens à Bandiagara et à Sangha, elle a eu pour principal effet de mettre fin à l'hostilité entre les Dogon et les Peul ; cela permit aux Dogon de s'installer un peu plus dans la plaine devant la falaise sans avoir à redouter les envahisseurs ou les pillards.

 Dogon et Voisins

Dogon et Bozo
Un point fort des relations de l'exode Dogon se trouve dans leurs rapports avec les Bozo, leurs voisins qui semblent avoir toujours vécu sur les berges du Niger: pêcheur set constructeurs de bateaux, les Bozo ont toujours eu de bonnes relations avec les Dogon.

Les Bozo prétendent ne pas avoir de passé et être nés d'un aigle pêcheur.
Mais il est admis qu'ils descendraient de familles ghanéennes nobles émigrées, qui, arrivant sur les rives du Niger, se seraient installées et auraient appris les techniques de pêche des aborigènes. Ils se spécialisérent ensuite dans la pêche et la navigation, un monopoles qu'ils détiennent toujours.

La légende veut que des crocodiles aient aidé les Dogon à traverser ; il est plus vraisemblable que ce soit des Bozo. Bozo et Dogon se considèrent comme frères de sang: ils se doivent assistance mutuelle, nourriture et logement, et ne doivent jamais se combattre.
Un Bozo est chez lui chez un Dogon (et inversement) . Il peut même, à son départ, emporter une partie des provisions de son hôte (et réciproquement).
Ils connaissent, par jeu, toutes les injures de la langue de l'autre et se livrent à des joutes oratoires dignes de charretiers, qui ravissent généralement leur entourage.
Cette tradition est toujours vivante, mais il est rare qu'un bozo se rende en pays Dogon.

Les Dogon racontent que les Bozo sont "frères" à cause d'un enfant.
Un jour, un chef Bozo devant entreprendre un long voyage, demanda à un dogon de garder son fils. La saison ayant été très mauvaise, la disette s'installa ..
pour éviter que l'enfant Bozo ne meure de faim, le dogon lui donna un morceau de sa cuisse à manger. Lorsque le Bozo revint, il proclama au nom de son peuple que personne ne pourrait refuser quoi que ce soit à un Dogon.
Ce cas d'alliance est assez rare entre ethnies très différentes, ayant par ailleurs, peu de rapports commerciaux ou territoriaux.

Dogon et Peul
Les rapports entre Dogon et Peul ont souvent été houleux: les Peul étaient (et sont encore), des nomades et des pasteurs. Il y a seulement un siècle, ils circulaient dans la plaine et n'hésitaient pas à faire des razzia dans les villages à proximité des pâturages de leurs troupeaux.
Cependant, les Dogon avaient une arme naturelle pour se défendre contre ces attaques:
la Falaise, ou plutôt, les éboulis au pied de la Falaise qui gênaient la progression à cheval lors des tentatives d'assaut.
Malheureusement, un autre type d'aggression n'a pas eu de réponse convainquante de la part des Dogon : les Peul ont propagé la foi musulmane dans tout le Sahel, et la Falaise n'a pas échappé à cette influence.
Aujourd'hui, près de la moitié des Dogon sont convertis à l'islam.
Les relations entre Peul et Dogon ne sont pas maileurs pour autant..

Histoire du Peuplement : Le Pays Dogon est l’une des plus anciennes zones de peuplement de l’Afrique occidentale. Elle a connu divers mouvements de populations parmi lesquels :

Les Toloy : Leurs habitations basées dans la région de Sangha datent des III et II siècle avant l’ère.

Les Telem : ce qui signifie en Dogon "ceux que nous avons trouvé là ! Ce peuple pygmée, a formé une brillante civilisation fondée sur la métallurgie du XI au XV après l’ère, abandonnant leur site à l’arrivée des Dogons.

Les Dogon : L'origine des Dogons 'est toujours un mystère, mais certains historiens pensent qu'il auraient fui l'empire du Ghana au X ème siècle pour éviter l'islamisation, tandis que d'autres pensent qu'ils sont d'origine Mandingue et qu'ils seraient arrivés par vague successives. Les Dogons furent victimes sans cesse des razzias des Mossi (XV et XVI siècle) des Songhaï , des Peulh du massina et des Toucouleur au XIX siècle jusqu'à ce que les Français pacifient la région.

L’architecture et la culture dogon : Le Pays Dogon est l’une des dernières régions d’Afrique où société, religion, art et architecture conservent leurs racines profondément ancrées dans la tradition : c’est ce qui en fait la principale vitrine touristique du Mali.

La cosmogonie Dogon : C'est un peu compliqué tout ça... et surtout tres inhabituel... Au début il y a eu le dieu unique Amma, qui créa 14 systemes solaires puis la terre. La Terre féminine fut fécondée. Elle donna naissance au renard, symbole des difficultés … puis les gémeaux dogons, mi-hommes mi-serpents …. Le renard s'empara de la parole de Dieu… et les huit ancêtres du monde furent alors créés.

Le chiffre 7 est sacré … les fastueuses fêtes dogon (Danses des Masques ) s'inspirent de cette cosmogonie sophistiquée.

Lisez ce qui suit pour en savoir plus...

Le savoir secret des Dogon est transmis de bouche à oreille par des initiés que l'on nomme les Ouloubarou. Chaque chef de maison doit transmettre son savoir à un jeune qu'il juge capable de comprendre cette Parole et la transmettre à son tour.

Dans les années 30, Ogotemmêli était un chasseur rendu aveugle par l'explosion de son fusil. Ogotemmêli avait été initié par son grand-père dès l'âge de 15 ans.
L'ancêtre a regardé vivre l'enfant et l'avait jugé capable d'être initié.

Longtemps plus tard, Ogotemmêli a longuement côtoyé M. Griaule, un ethnologue français. En 1936, Marcel Griaule a dialogué avec lui, pendant trente-trois jours. Peut-être le Vieux Sage avait-il senti qu'une nouvelle ère arrivait et qu'il était nécessaire de transcrire la Parole pour l'éterniser ? Alors il a choisi de la transmettre à M. Griaule...

Amma, le Dieu Suprême
Le Monde a été créé par le dieu Amma, dieu unique se trouvant à la base de toute chose.
Le vieux Ogotemeli, l'Initiateur de M. Griaule aux croyances Dogon, parle d'un dieu unique. Il est impensable que Ogotemmêli ait pu être influencé par un missionnaire chrétien. Lorsqu'il s'entretient avec Griaule, en 1947, il est au soir de sa vie et n'est plus guère influençable.
En outre, cette notion de dieu unique est propre à plusieurs ethnies africaines.
Il est donc vraisemblable que le monothéisme soit l'une des bases de la croyance.

Les Systèmes Solaires : Amma, maître de l'univers, organisa un système de planètes qu'il a créé avec des morceaux de "terre", ce mot étant pris ici dans un sens conceptuel. Il lança des boulettes de terre dans le ciel pour donner forme aux étoiles. Une légende ajoute qu'il y a fort longtemps, les femmes décrochaient les étoiles et les perçaient d'une tige pour les offrir à leurs enfants;

La Création du Monde : Amma fit de même pour notre système solaire. Pour faire le soleil et la lune, Amma modela de la terre en forme de deux poteries qu'il chauffa à blanc une fois pour toutes. La Terre fut créée en dernier lieu ; Amma lança un boudin de terre dans l'espace, comme pour chaque planète. A ses deux extrémités, la terre se sépara comme pour figurer des membres rattachés à un tronc. Ce corps schématisé était femelle, et une fourmilière constituait son sexe tandis qu'une termitière figurait son clitoris. Ainsi, la Terre fut prête à recevoir Amma..

Amma avait créé la Terre pour s'accoupler avec elle, mais la termitière, élément mâle du sexe féminin, gênait la pénétration. Du fait de cette gêne, cette union, au lieu de donner naissance à des Jumeaux comme le dieu l'avait prévu, engendra un élément unique, le chacal, le Renard Pâle. Pour les Dogon, celui-ci symbolise les difficultés de Dieu qui bouleverseront perpétuellement le monde.
Il reste le symbole du désordre.

Amma rasa donc la termitière et put s'unir à la terre ainsi excisée. C'est ainsi que l'excision apparut en terre Dogon. Après l'excision et la destruction de la masculinité de la terre, Amma put avoir des rapports normaux. Sa semence est toujours associée à l'eau, source de toute vie, sans laquelle rien ne pousse et l'homme ne peut pas vivre.

Les Nommo : Les Jumeaux qui naquirent ensuite, furent donc liés à l'eau. Ils avaient l'apparence de l'homme et du serpent, de couleur verte, le corps lisse et couvert de poils de même couleur ; leurs yeux avaient la forme des yeux humains mais étaient de couleur rouge. Leur langue était fourchue, le torse identique au torse humain, le bas du corps adoptait la forme du serpent ; les bras étaient souples, sans articulation et terminés par des mains palmées. Tous deux s'appellaient Nommo; chacun est à la fois masculin et féminin et leur essence divine leur fit rejoindre leur père au ciel, où celui-ci leur transmit son savoir. Ils sont présents dans toute humidité et toute vie.

Fils d'Amma et de la Terre, les Nommo sont les intermédiaires entre les hommes et les cieux. Cette notion de Jumeaux est aussi spécifique aux Dogon. Alors que pour de nombreux peuples africains, avoir des jumeaux est un malheur, en pays Dogon ce sont des êtres privilégiés et la naissance gémellaire est un grand bonheur.

La légende de l'Arche : Le premier couple de Jumeaux engendra huit Ancêtres. Ils étaient doubles, mâle et femelle, et pouvaient s'autoféconder, bien que quatre d'entre eux aient une prédominance mâle et les quatre autres femelle. Ils se multiplièrent en huit lignées. Dans les cieux, les Nommo avaient remplacé le dieu Amma pour les décisions concernant la destinée de la Terre et de ses habitants. Ils voulurent faire progresser les hommes, mais ils ne pouvaient pas leur parler ni avoir avec eux de contacts directs.

Le Premier Ancêtre décida de construire une Arche pour descendre sur Terre et aider les hommes Il semble qu'il ait bénéficié de l'aide de Dieu pour préparer son départ. L' arche avait la forme d'un panier tressé à base carrée et ouverture circulaire. Elle était pourvue d'un escalier sur chacun des quatre côtés.

Chaque escalier portait ce qui devait peupler le monde:
- l'escalier Nord, les hommes et les poissons, symboles des Bozo;
- l'escalier Sud, les animaux domestiques;
- l'escalier Est, les oiseaux;
- l'escalier Ouest, les animaux sauvages, les plantes et les insectes.

Pour compléter son équipement, l'ancêtre rassembla sur la plate-forme tout un matériel de forge : masse, enclume et soufflet, L'arche comportait tout ce qui est nécessaire à l'homme : le panier, une unité de mesure, les figures géométriques de base, le matériel de forge pour fabriquer les outils, et même des graines contenues dans la masse du forgeron.

Le vol du feu : Avant de quitter les terres célestes, il vola le feu à l'aide du "bâton du voleur"; il prit des braises de soleil et de fer et les cacha dans la peau du soufflet. Puis, dressé sur la plate-forme, il fit descendre son vaisseau le long d'un arc-en-ciel, soutenu par le fil qui se déroulait de sa bobine. Le Nommo femelle l'attaqua avec un brandon, mais l'Ancêtre se protégea avec la peau du soufflet et éteignit le bois enflammé avec l'eau de son outre. Le Nommo mâle lui envoya la foudre, mais il résista de même.

L'arrivée sur terre : L'Ancêtre tenait l'enclume dans ses bras. Lorsque l'Arche toucha terre, le choc fut si violent que l'enclume lui brisa les membres, créant du même coup les articulations des coudes et des genoux. Ces nouvelles articulations permettront le travail du sol et du fer, des membres souples ne permettant pas les mouvements de levier.

Le choc de l'atterrissage dispersa les végétaux et les animaux.
Dès que le Forgeron (ainsi l'appelle-t-on parfois) fut sur Terre, les hommes qui y vivaient déjà purent se livrer aux travaux agricoles.
Dieu avait transmis aux hommes la parole qui organise le monde, les animaux, les semences et les outils pour travailler. Et la société put se développer.

Les croyances et les cultes

Le Renard Pâle

Tout homme adulte peut être devin en demandant à un ami de lui enseigner l'art. Les devins les plus appréciés sont les hauts dignitaires de la société des Masques, les chasseurs et les guérisseurs.
Les prêtres totémiques, le Hogon et tous ceux qui célèbrent un culte à Amma et Nommo, ennemis du chacal, ne peuvent approcher les tables de divination, mais en connaissent l'usage et les résultats.
Tout dogon, homme ou femme, peut demander à un devin d'interroger le chacal en offrant les graines qui attireront l'animal. Ajoutons que les devins possèdent également des tables dites tables d'instruction, à douze cases, qu'ils utilisent pour interroger le chacal à titre personnel. De ce récit imagé, il nous faut surtout retenir l'idée des fautes des humains, génératrices de désordres, et fondement des principaux cultes Dogon : culte du binou, société des masques qui représente le pagne rouge de la terre et les hommes et animaux morts, culte du Sigi où la statue du serpent est investie de la représentation spirituelle du premier mort. Nous allons voir que cette mythologie est commémorée par un certain nombre de rites.

Le culte du Lebe

Les Dogon ne possèdent pas d'écriture et que leurs signes sont destinés à raconter la Genèse. Leur transcription et leur transmission incombent aux hauts dignitaires ainsi qu'aux prêtres totémiques : plus un homme connaît de signes, plus il se rapproche du grand savoir. Les rituels Dogon sont axés sur le concept de transmission de la force vitale nécessaire à l'équilibre de la société, le Hogon étant le gardien de la plus grande force.
Le principal culte est celui du Lebe - Dieu Serpent - dont le Hogon est le représentant, et que l'on peut considérer comme une cérémonie à la gloire du Nommo.

L'autel destiné à cette célébration se trouve chez le Hogon et contient une parcelle de la terre de la tombe du Lebe emportée par les Dogon lors de leur migration.

D'autres autels, consacrés au Nommo, peuvent être trépartis dans le village,dans une ginna, sur la place du village, dans le champ du Hogon ou à l'entrée du village.

Le culte du Binou

Le culte du Binou se déroule dans un sanctuaire dont la forme varie selon les villages ; ce peut être une véritable construction rectangulaire aux coins arrondis et dont la façade est flanquée à ses extrémités de deux tours rondes légèrement plus hautes que le bâtiment. La porte du sanctuaire est souvent moins haute qu'un homme debout et bloquée par de grosses pierres. Sur le toit, au-dessus de la porte, on place deux ombilics où l'on fait couler les bouillies de céréales et le sang des animaux sacrifiés ; entre les deux, une poutre supporte le "crochet à nuages".
Le prêtre totémique conserve son matériel à l'intérieur du bâtiment où il est seul à pouvoir pénétrer, car personne ne doit voir les signes secrets qui y sont tracés. La façade est couverte de signes noirs, blancs et rouges.

Les autels personnels se trouvent à l'intérieur des maisons.

En dehors des sanctuaires ou des grottes, les autels sont le plus souvent de simples tumuli en terre. On les bâtit avec une pierre levée recouverte de terre prélevée dans une mare en souvenir du Nommo ; cette terre est mélangée à des graines ou à celle provenant d'un autel plus ancien.Chaque individu possède deux autels, un "autel de tête" et un "autel de corps".

Les Dogon font des sacrifices sur ces autels en vue d'augmenter leur force vitale ; à leur mort, leurs autels personnels sont détruits.

Pour bien comprendre la cosmogonie Dogon, je vous recommande deux livres :

- Dieu d'Eau :de l'ethnologue Marcel Griaule
- Les Dogons du Mali : de Gérard Beaudoin


La tradition

Le costume

Comme chez tous les peuples d'Afrique de l'Ouest, les vêtements ont, pour les Dogon, une grande importance. La base des vêtements traditionnels des Dogon était (et est encore pour partie) composée de bandes de coton blanc fabriquées par les tisserands. Leur largeur théorique est de deux fois 80 fils, soit entre 15 et 20 cm. Si certaines conservent leur teinte écrue naturelle, d'autres sont teintées en brun, roux ou indigo.

La couture est l'affaire des hommes et certains sont réputés pour leur habileté en ce domaine. Avec l'âge, les vêtements changent, les deux parties habituelles, le pantalon et la tunique prenant de l'ampleur.

Jusqu'à 40 ans, l'homme portait une tunique courte et sans manches. Autrefois, le cache-sexe était remplacé par une culotte qui descendait au maximum à mi-cuisse. La tunique longue, fermée et avec manches, et le pantalon ample sont l'apanage des vieillards.
Un accessoire important du vêtement masculin est le bonnet que l'on voit de moins en moins en pays Dogon. Deux pièces de tissu rectangulaire sont cousues ensemble sur trois côtés alors que le quatrième laissé libre permet de poser la coiffure sur la tête. Il y a huit manières de le porter qui toutes ont un nom.r quand l'homme prend de l'âge.
La parure de la femme reste beaucoup plus symbolique, et se compose surtout de bijoux et de scarifications. Il est rare de nos jours qu'hommes et femmes, comme jadis, se liment les dents en pointe ou se couvrent de scarifications.

Certes, on voit encore de vieilles femmes au ventre couvert de motifs gravés : petits traits obliques et parallèles formant des zigzags.

Alors que les vieilles vont souvent tête nue, les jeunes femmes portent une pièce de tissu arrangée en turban et les hommes affirment qu'on peut connaître le caractère d'une femme ou son humeur du jour suivant la manière dont elle arrange sa coiffe.

les masques

Les Masques sont une véritable institution.Celui qui possède un masque ne doit pas le faire savoir à ses proches.S'il danse avec son masque, il ne doit pas être reconnu. Les masques sont principalement employés lors des cérémonies de funérailles. Dans certains villages, il subsiste encore plus d'une centaine de masques appartenant à des hommes qui composent la Société des Masques. On doit distinguer le masque proprement dit qui couvre la tête du danseur et son costume qui peut comporter des variantes pour un même masque.

Certains masques, comme l'agriculteur, le guerrier Peul, le marabout ou le chasseur ne portent pas de jupe mais un costume en tissu. Sur le visage, on fixe un masque proprement dit constitué soit de fibres tressées en forme de cagoule décorée, soit d'une pièce de bois sculptée en ronde-bosse. Les cagoules sont généralement utilisées pour représenter des oiseaux ou des êtres mythiques et parfois des êtres humains.

Par opposition, les masques en bois servent à figurer des animaux. On en distingue deux types : les masques représentant réellement l'animal (c'est le cas des masques du singe noir, de l'antilope, du lièvre, etc.) et les masques figurant un visage humain surmonté du symbole de l'animal représenté (singe blanc, kanaga, etc.).
Tailler un masque réclame de multiples précautions ; le danseur doit faire des sacrifices pour se protéger du nyama des arbres et paye un tribut d'un cauris au propriétaire de ces derniers. Il taille le bois avec une hermiette . La taille se fait sur l'ensemble du masque et une partie ne sera jamais terminée avant une autre. Le danseur tient le masque en bois entre ses dents au moyen d'une tige en bois passée dans deux trous au niveau de la bouche. Afin d'éviter qu'il ne bascule vers l'avant, un filet attaché au sommet du masque enserre également la tête. En outre, une corde joint ce filet à une corde enserrant le buste du danseur. Ainsi le masque ne peut pas bouger et suit tous les mouvements du corps et de la tête.

Structure sociale

Le Hogon

Le Hogon est le plus souvent le doyen du village. Il peut assumer sa charge par voie héréditaire. Lorsqu'il meurt, il n'est remplacé qu'au bout de trois ans, l'intérim étant assuré par son fils ou le nouveau doyen.

Bien que le Hogon ait un pouvoir religieux absolu, comme il ne peut se déplacer, il ne peut être chef de guerre.
Le Hogon ne peut sortir de sa maison ni marcher pieds nus ; dès sa désignation, il est porté à dos d'homme jusqu'à la "maison du Hogon". Il n'en sortira plus que mort. Malgré tout, il est au courant des menus événements de la communauté grâce à un réseau d'informateurs et les visites des ginna bana les jours de marchés. Avant la colonisation, il avait le monopole de la police et fixait les prix sur les marchés ; son assistant, muni du bâton de commandement réglait les affaires selon ses instructions.
Théoriquement, le Hogon est inamovible mais, en cas de crise grave, comme la guerre, le conseil des anciens a la possibilité de le destituer pour le remplacer par un individu plus énergique et plus apte à faire face à la situation. Lors d'une l'audience, on ne peut s'adresser directement au Hogon et il faut emprunter le truchement de son assistant, le kérou ou kédiou. Le Hogon est habilité à faire respecter les tabous religieux et à punir.

Chaque jugement est sanctionné par une amende dont la plus faible sera un poulet, mais le Hogon peut aller jusqu'à ordonner la confiscation de tous les biens, l'expulsion du village et même la démolition de la maison familiale, encore que les colonisateurs français aient interdit cette dernière mesure.
L'institution du Hogon permet, dans la société Dogon, de séparer pouvoir politique et pouvoir judiciaire.

Dans la maison du Hogon se trouve l'autel du lébé qui contient une parcelle de la terre de la tombe du lébé dans le pays d'origine.
Enfin, il existe un Hogon des Hogon, le Hogon de Arou auquel les Hogon de chaque village peuvent faire appel en cas d'extrême nécessité...

Le Ginna Banna

Tous ces descendants d'un ancêtre commun vivent dans une même communauté appelée ginna (prononcer guinna) qui regroupe tous les individus mâles, leurs femmes et leurs enfants. La communauté s'applique également au patrimoine terrien que le groupe cultive, à une maison de famille où vit le Chef de Ginna, appelé Ginna Bana et à un certain nombre de maisons qui abritent les familles du groupe.
Le chef de la ginna est par tradition, le mâle le plus âgé de la lignée.

Le successeur désigné ne prendra ses fonctions qu'après la levée du deuil, soit six mois environ aprèq la mort, car personne ne peut remplacer quelqu'un dont l'âme est toujours dans le village.

Seule sa personnalité fonde le pouvoir du ginna bana ; il n'a ni pouvoir de police, ni possibilité de répression envers les membres de la famille, et ne peut donc compter que sur son autorité morale. Les Dogon affirment d'ailleurs que "le ginna bana ne peut donner d'ordres, mais qu'il il faut lui obéir".
De nos jours, la pénétration de l'islam et les concepts occidentaux de plus en plus largement diffusés poussent les membres de la ginna à demander plus d'indépendance et, dans certains villages, les terres sont distribuées à titre définitif aux familles réduites

Le forgeron

D'autres formes de pouvoir existent dans la société Dogon.

Si les cultivateurs sont considérés comme les seuls Dogon à part entière, les forgerons ont un statut à part. Dans chaque village, le forgeron est craint comme le représentant de l'ancêtre descendu de l'arche et on fait appel à lui pour départager les menus conflits familiaux. On prétend également que lorsqu'il bat l'enclume, il fait entendre la parole du Nommo. Les Dogon considèrent qu'il a des pouvoirs spéciaux parce qu'il travaille avec le feu. Il appartient à une secte et habite un quartier ou un village réservé à cette caste. Il ne cultive pas la terre et est seul à pouvoir produire les outils et les armes nécessaires à la communauté

Enfin, fabriquant les outils et les armes, les forgerons sont perçus comme indispensables au bon fonctionnement de la société. A l'opposé, les cordonniers, autre métier de caste, ne jouent aucun rôle politique.

La Famille

On se doit de distinguer le couple, famille réduite composée de l'homme, de sa femme et des enfants non mariés. Le couple se forme par le mariage, mais les Dogon affirment que "le mariage continue la famille, mais ne la fonde pas".

Dans le couple, l'homme, représentant de la lignée, occupe une position dominante ; la femme, venue de l'extérieur conserve un statut d'étrangère et les enfants, dès qu'ils marchent. appartiennent à l'homme.

Le couple habite une maison appartenant à la ginna ou bâtie sur un terrain familial. Sa position hiérarchique dépend de la position hiérarchique de l'homme dans la famille.
Il existe aussi l' entité familiale de la ginna que l'on peut considérer comme la Famille Etendue : étendue aux frères et soeurs, aux cousins et parfois même à des serviteurs.

Il n'est pas rare de voir des cousins proches installer une petite maison dans la Ginna familiale et partager ainsi à temps complet la vie de la famille..

 Les Voleurs

Nous sommes ici en présence d'une tradition rappelant le souvenir du forgeron qui vola le feu à Amma, mais en aucun cas d'une secte ou d'une institution. Un enfant d' un aïeul Voleur sera lui aussi voleur.
Dans ces circonstances, le voleur a un costume spécial, son visage est enturbanné comme celui d'un Touareg ; il porte en bandoulière un sac de peau et un trousseau de clés. Une corde est attachée à sa ceinture, Il tient son bâton de voleur à la main, bâton plus ou moins sculpté mais toujours de même forme, grâce à quoi on le reconnaît.
Lorsqu'un voleur meurt , ses confrères organisent avec la veuve la danse de leur association qui mime le vol. Les voleurs costumés se regroupent, accroupis, en cercle pour se concerter, puis se déplacent en file indienne, mimant une marche silencieuse et rapide, fondant sur un animal imaginaire qu'ils fauchent avec leur bâton. Ils recommencent à plusieurs reprises. Les voleurs du village organisent la nuit même vols de poules ou de moutons dans d'autres villages ; celui qui se fait prendre est battu. On retrouve le dessin du Bâton du voleur dans de nombreux sanctuaires et les Dogon prétendent que c'est le Forgeron qui l'aurait descendu sur la terre.Cette tradition est assez mystérieuse et il est étrange que le vol soit ainsi institutionalisé.

Le village

Le quartier

Chaque village dogon possède une devise qui lui est propre ayant un rapport direct, Les Dogon vivent en villages : on ne trouve pas d'habitations isolées. Chaque agglomération, ou groupe de quartiers et de hameaux, forme une entité administrative indépendante, avec ses cultivateurs, ses artisans, ses chefs, ses rites, ses fêtes et ses terres.

Lors de la fondation d'un village, le premier édifice bâti est la maison des femmes qui ont leurs règles. La maison des femmes est toujours construite à l'extérieur du village et les agglomérations les plus importantes peuvent en avoir deux. On la reconnaît à ce qu'elle est la seule bâtisse circulaire.

Chaque village peut être divisé en quartiers si le besoin s'en fait sentir.
Dans ce cas, chaque quartier devra reconstituer à son échelle les éléments d'un village

La Ginna

Tous les descendants d'un ancêtre commun vivent dans une même communauté appelée ginna (prononcer guinna) qui regroupe tous les individus mâles, leurs femmes et leurs enfants.

La communauté s'applique également au patrimoine terrien que le groupe cultive, à une maison de famille où vit le chef de la ginna, appelé ginna bana et à un certain nombre de maisons qui abritent les familles du groupe.

Le chef de la ginna est par tradition, le mâle le plus âgé de la lignée.Le successeur désigné ne prendra ses fonctions qu'après la levée du deuil, soit six mois environ, car personne ne peut remplacer quelqu'un dont l'âme est toujours dans le village.

Seule sa personnalité fonde le pouvoir du ginna bana ; il n'a ni pouvoir de police, ni possibilité de répression envers les membres de la famille, et ne peut donc compter que sur son autorité morale. Les Dogon affirment d'ailleurs que "le ginna bana" ne peut donner d'ordres, mais il faut lui obéir".
De nos jours, la pénétration de l'islam et les concepts occidentaux de plus en plus largement diffusés poussent les membres de la ginna à demander plus d'indépendance et, dans certains villages, les terres sont distribuées à titre définitif aux familles réduites.

Les concessions

Il faut savoir que l'habitation d'un Africain ne comprend pas seulement la maison mais aussi un espace clos devant et autour de celle-ci, sorte de cour où se trouvent les dépendances et où vit la famille.

Cet ensemble forme la concession, toujours cernée d'un mur et dont l'entrée est fermée d'une porte ou, pour les gens aisés d'une pièce formant entrée. C'est pourquoi en Afrique de l'Ouest, on parlera rarement de maison et presque toujours de concession, la maison n'étant qu'un élément d'un ensemble nécessaire à la vie de la famille.

Cette notion de concession a une grande importance. Les familles aisées possèdent une pièce qui sert de sas entre l'intérieur et l'extérieur. Cela permet de filtrer les visiteurs et de préserver la vie privée de la cour principale.

Le To Gunna (toguna)

La Case à Palabres, leTo Gunna, est composée d'abord et surtout d'un toit qui doit comporter en théorie huit épaisseurs de bottes de mil. Des poteaux, en pierre ou en bois, supportent le toit ; théoriquement, on doit en compter huit, répartis en trois rangées, correspondant aux huit ancêtres. Les rangées extérieures comportent trois poteaux chacune, la rangée intérieure, deux poteaux.

La case à palabres doit obéir à d'autres règles : ainsi doit-elle être carrée, orientée nord-sud et le toit doit être bas (à environ l,20 m du sol) afin d'avoir un maximum d'ombre et qu'on ne puisse s'y tenir debout.
Si le village est important, il possédera une case à palabres par quartier; l'une d'entre elles, plus spacieuse et bâtie à proximité de la place, servira aux palabres devant réunir tous les villageois. Cette position s'explique par le fait que les festivités villageoises ont lieu sur la place principale.

Les greniers

Le second élément bâti d'une certaine importance est le grenier à mil. Dans le paysage urbain, on remarque surtout les greniers alors que les maisons d'habitation se noient dans le décor. Le nombre de greniers par concession est fonction du nombre d'habitants et de la richesse de la famille..
Les greniers sont bâtis en terre, comme les poteries modelées avec des boudins de terre. Les armatures sont faites de tiges de bois plantées en carré.

Le grenier repose généralement sur quatre grosses pierres qui supportent une claie en bois. On recouvre ce plancher de banco qui formera le fond du grenier. Le maçon monte les murs avec des boudins de terre qu'il lisse au fur et à mesure comme une poterie, avec une épaisseur de 5 à 7 cm.Le grenier est toujours surmonté d'un dôme.


Si les dimensions extérieures et les formes sont assez semblables, l'aménagement intérieur peut varier considérablement; les greniers les plus simples n'ont qu'une ou deux portes, trois ou quatre séparations internes . Les autres disposent d'une porte, quatre compartiments en croix et quatre autres compartiments disposés en forme de galerie avec une ouverture en haut pour y accéder.

On dit que ces compartiments représentent les huit graines des ancêtres. C'est aussi le grenier de la femme, celui où elle met tout ce qui lui appartient en propre.


Le toit, simplement posé sur le dôme, est formé de la paille d'une herbe coupée en brousse. Les tiges maintenues à leurs parties basse et médiane par une sorte de tresse qui s'entrecroise entre elles sont réservées au sommet.

La forge

La forge est à proximité de la place et de la case à palabres du village. C'est un espace clos par un assemblage de grosses pierres plus ou moins jointes dont le toit est formé de branchages entrecroisés qui font de l'ombre tout en laissant passer lumière et fumée.
Le toit est bas et on ne peut pas se tenir debout à l'intérieur de la forge.
Pour travailler le bois, le forgeron dispose surtout de l'herminette et de la lime, outils de base sans cesse utilisés. On ne doit pas pénétrer dans une forge en l'absence du forgeron qui reste un personnage important malgré l'introduction de matériel de l'extérieur ; la communauté dépend de lui pour les outils, les armes (lances et même fusils), clochettes et rhombes, les bijoux, les statuettes, une partie du matériel de cuisine, les portes, etc.

Vie familiale

La maison
Toute construction est érigée dans un lieu impossible à cultiver.
Les Dogon vivent dans des villages fixes ; à la fin de leur migration, plusieurs causes ont pu déterminer l'emplacement de ces villages, comme par exemple l'existence d'un point d'eau permanent. Cette raison, souvent déterminante semble beaucoup moins évidente de nos jours lorsque nous considérons certains villages privés d'eau de longs mois de l'année. La qualité défensive du site sera également un facteur primordial. Les villages de la falaise, plus anciens, ont tous été bâtis dans des endroits faciles à défendre, les Dogon ayant utilisé au mieux les caractéristiques de la falaise.

 Les activités et les saisons
Les Dogon étant des cultivateurs, leur vie quotidienne est rythmée par la succession des saisons et des travaux qui s'y rapportent. L'année commence lors de la récolte du mil qui est le moment clé de l'activité, car le mil forme la base de l'alimentation. Dans une année de pluviométrie normale, la récolte se fait au milieu du mois d'octobre.

L'année comporte treize lunes de vingt-huit jours divisées en semaines de cinq jours. Pour certains observateurs, les comptes sont approximatifs, mais pour d'autres, les Dogon comptent les jours en faisant des nuds à une corde. Les marchés ont lieu tous les cinq jours. La vie s'organise en deux saisons et deux intersaisons:
- la saison sèche dure de janvier à mai (quatre lunes environ). Pour les Dogon, c'est la période la plus difficile, surtout de la fin du mois de février au début du mois de mai. L'eau se raréfie de jour en jour ; c'est l'époque des grandes épidémies, celle où la mortalité infantile est la plus élevée. En avril ou mai il peut se produire quelques petites pluies (deux à trois jours), annonciatrices d'une bonne saison des pluies, mais trop faibles pour être utiles à l'agriculture.

- l'intersaison de mai est très courte (une lune) et précède les pluies. La chaleur est étouffante, le ciel plombé de nuages noirs qui refusent de crever. Les puits sont presque à sec, les légumes frais disparaissent des marchés où on ne trouve guère que du mil. C'est la saison bado.

- la saison des pluies s'étend sur quatre à cinq lunes de juin à la mi-octobre. De nos jours, les pluies commencent en juin et finissent vers la mi-septembre . C'est l'époque des grandes cultures qui mobilisent tous les habitants de la région.

- enfin, une intersaison prend place de la fin de la récolte du mil au mois de janvier (environ trois lunes). C'est le début de la saison sèche, mais l'eau est encore abondante ; on finit les récoltes et on commence les plantations maraîchères. Cette saison porte le nom de bago.

Vie de dogon

La naissance
Les Dogon pensent que la conception se fait au moment des rapports sexuels qui suivent immédiatement les règles, ce qui impute automatiquement la paternité au mari de la femme, premier visité à la sortie de la maison des règles. La durée présumée de la grossesse varie suivant les besoins de justifier la paternité d'un enfant.

L'enfance
Avant la circoncision, l'enfant est pratiquement intégré à la société des adultes. I1 travaille avec ses aînés et, en dehors des grands rites dont il est écarté, il a sa part d'activité, égale à celle des autres, en fonction de ses capacités physiques.
Les jeux de lutte, tant collectifs qu'individuels, suivent des règles précises et chaque individu doit se purifier après un combat. On assiste aussi à des jeux de corps, semblables aux nôtres : saute-mouton, galipettes, etc. Comme d'autres peuples, les Dogon utilisent la ficelle pour des jeux de construction ou des exercices de divination ; les mères notamment apprennent à leurs filles des devinettes symboliques avec un anneau de ficelle d'une cinquantaine de centimètres.

 La circoncision
C'est avec la circoncision et l'excision que l'individu se fixe et quitte l'enfance, monde où rien n'est stable. L'enfant n'appartient pas encore au groupe social et donc, rien de ce qu'il fait n'est grave. Il ne peut pas recevoir une devise, ni célébrer un culte et possède encore la double sexualité, masculine et féminine, cause de son instabilité.
La circoncision est un sacrifice fait à la terre qui boira le sang du circoncis tandis que la chute du prépuce ou du clitoris symbolise l'abandon de l'âme jumelle que l'être doit quitter pour retrouver l'âme qui correspond à son individualité.

On attend qu'il y ait 10 à 15 jeunes gens en âge de l'être, soit entre huit et douze ans. Ce contingent forme un Tumo, une classe d'age, auquel ils seront identifiés toute leur vie.
Le conseil des anciens fixe une date et les enfants sont prévenus quelques semaines auparavant. Le circonciseur, généralement un vieil homme, parfois un forgeron, n'appartient pas forcément au village.

Le lieu de la circoncision est toujours le même pour un village donné, choisi en brousse, loin du village et de ses dépendances. Les enfants sont circoncis les uns après les autres en commençant par les plus âgés. Chaque enfant est déshabillé et assis, jambes écartées, la verge posée sur un morceau de bois. Le circonciseur tranche le prépuce vers l'arrière de telle sorte que le morceau de chair enlevé reste enserré dans le nud coulant.

Dans les villages où vivent un médecin ou un infirmier, l'opération se fait désormais au dispensaire ou à l'infirmerie mais les enfants s'isolent encore pour faire retraite.

Les nouveaux circoncis sont abondamment nourris et on va jusqu'à les forcer à manger.
En règle générale, les jeunes circoncis dorment dans une maison libre du village ou dans une grotte, sous la surveillance des aînés.

Tout dogon, même s'il ne connaît pas son âge exact, connaît son tumo qui, en la matière, est la seule référence intéressante. S'il lui incombe des travaux agricoles, il pourra compter sur l'aide de son tumo et il lui sera lié à jamais.

L'excision
En ce qui concerne l'excision, les informations recueillies sont moins précises, peut-être parce que la plupart des informateurs, comme moi-même, sont de sexe masculin. Il semblerait que l'opération se pratique sans assistance médicale, fut-ce celle d'un infirmier. Elle a lieu à la saison sèche et jamais, nous l'avons vu, en même temps qu'une circoncision.
L'excision a généralement lieu dans la maison des jeunes filles, la dune, ou parfois chez une matrone respectable. Les fillettes y passeront environ trois semaines sans en sortir. Durant cette période, comme les garçons, elles recevront une nourriture abondante.
La jeune fille s'allonge sur sa mère qui demeure assise ; elle garde les jambes écartées et une matrone l'excise avec un couteau. Les soins post-opératoires sont pratiqués par les vieilles du village.
Après l'excision, les jeunes filles sont considérées comme "bonnes à marier". Elles vivent dans la maison des jeunes filles, parfois chez leurs parents, avant d'être présentées à leur fiancé.

Les mariages
En règle générale, les Dogon pratiquent trois sortes de mariage:
- Le mariage à la naissance est naturellement un mariage arrangé entre familles : deux pères, de ginna différentes veulent resserrer les liens d'amitié qui les unissent et se promettent respectivement un enfant, généralement un garçon en bas âge lors de la naissance d'une petite fille. Dans le passé, l'enfant n'était parfois même pas né.
Les familles travaillant alors généralement l'une pour l'autre, ce type d'épouse est appelé Ya Birou (la femme-travail). Cette alliance permet de travailler simultanément dans les champs des deux familles à l'époque des travaux agricoles qui réclament beaucoup de bras pendant un temps assez court.
Naturellement, vu l'âge des promis, le choix se fait surtout en fonction des qualités des parents ; on préfère les enfants de père courageux, calme et honnête et de mère, bonne épouse et ménagère. Dès lors que les adolescents se savent promis l'un à l'autre, ils ne doivent plus s'adresser la parole, mais au contraire s'éviter. S'ils se rencontrent, ils ne doivent pas se saluer et tourner la tête.

Quand la date du mariage est fixée, les filles se réunissent à plusieurs reprises en dehors du village pour parler et se raconter des fables ; ainsi est brisé l'interdit du silence envers le fiancé. Le soir du jour fixé pour les noces, le fiancé, accompagné de son tumo se présente devant la maison où loge le groupe des jeunes filles dont fait partie sa promise.

Si la jeune fille n'habite pas dans le même village, la coutume de l'enlèvement demeure, le plus souvent, symbolique, sauf lorsque la femme est déjà mariée, ce qui arrive parfois...La plupart du temps, les grands frères du fiancé sont chargés de l'enlèvement, répété trois fois. La troisième fois, c'est le tumo qui prend la responsabilité d'enlever la jeune fille.

Un second type de mariage est le choix de la femme par l'homme. La femme Ya kédou ou "grande femme" peut être choisie parmi les jeunes filles non mariées ou enlevée à un mari.
l n'y a pas d'ordre de préséance entre ya kédou et ya birou; la première femme considérée comme mariée sera la première à avoir un enfant.
Celle-là sera dite "avoir bu l'eau de la famille du mari".

Dans le troisième cas, la femme se choisit un amant (sile) ; mais la liaison doit être limitée dans le temps : au bout de trois ans, le sile doit rompre et offrir un cadeau à la mère de sa maîtresse. Si elle est enceinte la femme doit choisir entre revenir chez son mari ou devenir ya kédou de son amant.
On comprendra que les unions soient assez libres, que le mariage ne joue pas un rôle restrictif et que l'origine des enfants puisse souvent être contestée.

La polygamie
Les Dogon pratiquent la polygamie et considèrent que deux femmes est un nombre idéal. Pourtant, dans certaines régions, le nombre de femmes est seulement limité par la richesse de l'homme. La polygamie n'est pas possible pour tous, car il n'y a pas assez de femmes. Pour un homme, la pire des situations est de ne pas se marier car c'est l'assurance d'une vieillesse pauvre et écartée des responsabilités de la vie publique.
Economiquement, la polygamie se justifie : plusieurs femmes représentent beaucoup d'enfants qui pourront cultiver la terre quand le père sera vieux. La considération dont les vieux sont entourés est directement liée au nombre de leurs enfants.

La mort
Par son importance, le rituel de la mort tient dans la vie religieuse des Dogon une place centrale. Le Sigi est la célébration du premier mort chez les hommes et les fibres des masques sont liées à cette mort.

Pour les Dogon, la mort est la séparation des éléments qui constituent la personnalité. Toute personne possède des âmes, un corps, de la force vitale. A la mort, seul reste le corps, les autres éléments le quittant et devenant une force active qu'il est nécessaire de canaliser pour qu'elle devienne le nani d'un descendant du défunt.

Le rite funèbre se déroule en trois temps distincts qui permettent à l'âme de quitter le village pour se rendre au paradis des ancêtres.
- L'enterrement se déroule aussitôt après le décès
- La cérémonie pour chasser l'âme de la maison n'interviennent six mois à un an après. Mais, même après ce rite, l'âme demeure dans les environs du village.
- Pour qu'elle parvienne au pays des Anciens, il faut célébrer le Dama.
Au bout de trois à cinq ans

Activités quotidiennes

L' agriculture
la principale culture est celle du mil dont on distingue cinq à six variétés ; par exemple le gros mil, ou sorgho, dont l'extrémité de la tige ressemble à une grappe de graines en bouquet. Un pied de sorgho peut atteindre deux à trois mètres et porte des graines de couleur beige ayant deux à trois millimètres de diamètre.
Le petit mil (emmo da)a une tige semblable à celle du sorgho, mais son épi affecte la forme de celle du nénuphar ; la graine est plus petite. C'est le plus commun.

La seconde culture importante dans l'économie du pays Dogon est le riz. Les champs sont choisis inondables naturellement, dans le creux de rochers ou le long de cours d'eau temporaires en plaine. Sur le plateau, il faut parfois transporter la terre dans un lieu propice mais stérile ; on construit alors, pour retenir l'eau, de petits murets en pierre qui, de nos jours, sont de plus en plus souvent cimentés afin d'augmenter leur étanchéité. Bien qu'il se récolte un mois avant le mil, le riz n'est semé qu'un mois après lui.

Les autres cultures sont surtout des cultures d'appoint. Les plantations ont en général lieu en même temps que celle du mil et dans les même champs pour les haricots, l'oseille et le raphia. Par contre l'arachide et les pois de terre sont semés dans des champs à part. Quelques villages cultivent l'igname et d'autres tubercules.

Le guano
Une pratique étonnante amène certains Dogon particulièrement courageux à se hisser dans les recoins les plus perdus de la Falaise pour aller récolter .. la fiente des pigeons qui nichent régulièrement dans les anfractuosités.
Grimper dans la Falaise n'est pas sans risque.. Et ce d'autant plus que les hommes se hisssent à l'aide de cordes et de perches qu'ils lient à des piquets fixés dans la paroi.
A tout instant, ils risquent de se casser le cou... Pour quelques francs s'ils vendent leur récolte ou pour fertiliser quelques mètres carrés de champs....

La pêche
La pêche est une affaire de famille. Lorsqu'une mare se trouve dans le domaine d'une ginna, on la vide de ses poissons à la saison sèche. Souvent les voisins participent et le produit de la pêche est partagé, la plus grande part revenant au propriétaire. On ne mange frais qu'une faible partie du poisson ; le reste est mis à sécher et consommé ultérieurement.

La chasse
La chasse reste l'apanage des hommes ; tout homme peut chasser s'il a une arme. En pays Dogon, la plupart des fusils ont été fabriqués localement et sont donc très peu sûrs. Dans les faits, ce sont surtout les vieux qui chassent. Le gibier est rare et tout est bon à prendre : hyènes, serpents, chauve-souris, grenouilles, etc.
L'animal le plus chassé est le singe car antilopes et gazelles se sont raréfiés et paissent loin dans la plaine.
La chasse fournit un apport exceptionnel de viande ; on mange le gibier en famille mais il arrive d'en donner aux voisins et amis.

L'élevage
Les animaux domestiques sont nombreux : poules et poulets vivent dans la cour de la concession, escortés de canards s'il y a un point d'eau permanent ; les moutons sont gardés eux aussi dans la cour de la concession alors que les chèvres et les bovidés paissent en brousse ; les ânes sont les seules bêtes de somme et les chevaux sont devenus rares.
Poules et moutons peuplent toutes les cours de concessions africaines. Chez les Dogon, ils forment la base des sacrifices aux différents autels.
Les jeunes garçons ont la charge de garder les chèvres en brousse et les ramènent chaque soir à la maison. C'est une race de petites chèvres, très élégantes et très agiles, tachetées de jaune, brun et noir. Elles servent aux sacrifices et sont vendues au marché.

Les bovidés sont gardés dans la plaine. Il y a encore quelques années, les dogons laissaient leurs bêtes en garde aux peuls ; mais de nombreux différends ont surgi et, de plus en plus, les dogons gardent eux-mêmes leur bétail.
Seules les familles riches ont du gros bétail qui peut servir aux sacrifices ou être vendu comme viande de boucherie.

Jadis, tout haut dignitaire avait son cheval. De nos jours, les possesseurs de montures sont de plus en plus rares et on ne voit guère de chevaux qu'au pied de la falaise.
L'âne enfin est la bête de somme par excellence. Les dogons ne les utilisent que pour porter des charges de bois ou de grain, mais jamais comme monture personnelle, sauf accidentellement pour porter un enfant fatigué ou rentrer des champs.

Les outils
Le paysan Dogon possède quatre outils agricoles de base :
la houe, la binette, la hache et la faucille.
La houe est l'outil principal et ancestral du paysan africain. Ce type de houe est adapté au terrain à cultiver, où la couche fertile est très mince et généralement sablonneuse.

Les Dogon commencent à utiliser la houe moderne, conçue à partir de l'ancienne, mais utilisant un manche droit et un fer plus large. Son angle d'attaque doit être très faible, car elle ne fait que gratter le sol du fait de la minceur de la couche arable.

L'herminette utilisée par le paysan est assez grossière et souvent non affûtée. Son manche est droit et elle sert à couper les pieds de mil lors de la récolte.
Tout paysan porte en permanence sa hache accrochée à l'épaule. Le manche est très caractéristique, et son exécution nécessite le bois d'un arbre dont la forme est appropriée.

La faucille ressemble à la faucille en usage en Europe.
On trouve surtout en pays Dogon des outils de fabrication locale ; les outils importés sont rares, non du fait d'un refus, mais plutôt parce que les dogon ont peu d'argent liquide ; l'achat d'un outil au marché grèverait trop leur budget.
Tous les outils sont fabriqués par le forgeron, le paysan fournissant le manche.

Le commerce

Le marché
Dans les villages le marché a lieu tous les cinq jours. c'est-à-dire en fait toutes les semaines puisque la semaine Dogon comporte cinq jours. Pour les femmes, le marché est le seul débouché des produits qu'elles créent et dont la vente constitue leur unique revenu.

Chacun a sa place : les bouchers côtoient les marchandes de bière de mil, elles-mêmes suivies des marchands ambulants et des vendeurs de tabac.
Les femmes viennent ensuite avec les produits agricoles. Les marchands ambulants venant de l'extérieur ont généralement un étal moins rudimentaire que les autres.

Le marché commence tard dans la matinée alors que le climat commanderait de profiter de la clémence du matin. Les femmes Peul viennent de la plaine avec le lait et le beurre.
Mais ce sont les marchands qui déterminent l'heure et ils viennent de loin.

La dernière partie du marché est constituée par les marchands ambulants, qui sont toujours des hommes. Ces marchands apportent tout ce que le pays ne produit pas ou en faible quantité seulement : sel, poisson séché, riz, engrais, manioc, vêtements, outils, vaisselle en métal, tissus, etc. Au fur et à mesure que les besoins augmentent en pays Dogon, le choix se diversifie, mais le pouvoir d'achat restant faible, les produits présentés sont surtout utilitaires.

Entre 13 h et 14 h, le marché bat son plein. Vers 16 h les femmes commencent à retourner vers leurs villages où elles parviendront à la nuit. Avec le crépuscule, la paix revient sur la place du marché et chacun compte son gain ou vante son achat.
Le lendemain un autre marché se tiendra dans un autre village

 

Artisanat

Le filage
Le filage de la laine et du coton est dévolu aux femmes,. Elles filent le coton avec une quenouille et une toupie chargée d'une boule de terre séchée sur une peau de bête saupoudrée de cendre fine. Cette cendre, passée sur le doigt permet de mieux rouler le coton, fibre que les Dogon travaillent principalement, la laine restant l'apanage des Peul.

Le tissage
Les tisserands sont toujours des hommes mais ne sont attachés à aucune caste ; il peut malgré tout arriver que les cordonniers soient tisserands. Comme il a besoin d'espace, le tisserand exerce son art sur la place publique. Il est de la même manière que le forgeron, l'image des symboles de la création car le mouvement de la navette figure la seconde parole du Nommo. Le métier à tisser est très rudimentaire : Le métier employé permet de confectionner des bandes de cotonnade de 15 à 20 cm de large.
La navette, faite d'une augette de bois aux extrémités en pointe est lancée à la main entre deux groupes de fils alternés Le battant, dont les pièces de bois sont soigneusement taillées, contient le peigne aux dents faites d'éclats de roseaux. Il a pour but de serrer les fils de la trame les uns contre les autres.
Les bandes de coton ainsi fabriquées sont le plus souvent de teinte naturelle mais il arrive que le tisserand travaille des fils de couleurs et crée un motif à rayures où seuls les fils de trame sont colorés, le fil de chaîne restant blanc.

La poterie
La poterie est exécutée par les femmes ; toutes peuvent en faire mais certaines se sont spécialisées et quelques villages sont connues comme étant ceux de potières.
L'argile est mélangée à des morceaux de poterie déjà cuite et finement pilés. La potière modèle un tronc de cône renversé qu'elle bat avec un galet rond afin d'y ménager une cavité.
Le "canari", sphérique avec une ouverture ronde plus ou moins grande à son sommet, peut varier de la grande jarre à eau que l'on ne transporte pas à la petite cupule.
Après avoir été séchées à l'ombre, les poteries sont entourées de bois, de bouse de vache, de paille et de branchages et mises à cuire dans un trou recouvert de pierres et de terre pendant toute une nuit. La poterie cuite prend une couleur rouge-brun avec des auréoles noires aux endroits trop cuits.
Les pots Dogon gardent l'eau très fraîche mais leur rusticité les rend très lourds à porter.


Vous pourriez aussi vous rendre sur le site http://www.dogon-lobi.ch/dogonalbum.htm où vous pourriez consulter plus de 600 photos sur tous les aspects de la vie chez les dogon.


Proverbes Dogon tirés du livre d'EMMANUEL POUDOUGIO

« Pour entendre le tamtam, il faut donner un coup de bâton ».
Quand tu veux connaitre quelqu’un, il faut lui poser des questions.

« Tu peux laisser ta main un mois dans l’eau, elle est mouillée, mais elle n’est pas propre ».
C’est en échangeant les idées que l’on peut apprendre certaines choses.

« Il ne faut pas avoir la tête dans ses chaussures ».
On emploie cette expression pour des étrangers, et surtout les touristes qui viennent en visite.

« le repos ne dérange pas le travail ».
Le fait de travailler sans se reposer peut apporter de la fatigue et après , de la maladie qui empêche de travailler.

« Il faut bouger quand le soleil commence à somnoler ».
En plein soleil, la chaleur ne permet pas de marcher, il vaut mieux attendre le coucher de soleil et qu’il fasse frais pour continuer sa route.

« La parole, c’est comme un chemin qui continue ».
On peut parler indéfiniment, comme le chemin, si on ne décide pas de s’arrêter.

« Alourdir la tartine ».
Cela veut dire améliorer ta façon de travailler et créer un système plus rentable pour ton travail.

« Il me suit comme une mouche derrière la viande crue ».

« Quel que soit le gout du repas, n’avale pas ta langue ».
Ne change pas ton intérêt futur contre ton intérêt immédiat à cause d’une chose sans valeur.

« Il te font courir devant tes jambes ».
On te pousse à dépasser tes limites mais pas forcément dans ton intérêt propre.

« S’étaler comme une gouttière »
On s’endort immédiatement et n’importe où, l’lorsque on est épuisé.

« Tout le monde a son ventre devant lui ».
Chacun travaille pour soi, chacun est responsable de lui même.

« Pour être le berger de plusieurs personnes ».
Savoir vivre avec quelqu’un, c’est accepter ses défauts, ses qualités et ses idées qui ne sont pas forcément les tiennes.

« A chacun son ethnie ».
Il ne faut pas se mêler des histoires qui ne sont pas les siennes.

« Il ne faut pas donner le temps au soleil parc qu’il n’est pas tolérant ».
On ne peut pas se comparer à la nature.

« Le mouton a toujours la tête baissée parce qu’il a honte de voir l’anus de la chèvre ».
Les DOGONS disent que ce n’est pas parce que l’on est calme que l’on n’est pas intelligent.

« On ne peut pas réveiller quelqu’un qui ne dort pas ».
On ne peut pas faire comprendre à quelqu’un qui ne veut pas comprendre.


  Crédits : Les photos présentées sur le site, offertes par des clients, ne sont pas contractuelles.

Maaya Travel, votre agence Touristique au Mali.

© Maaya Travel - Droits de reproduction et de diffusion réservés

Dernière mise à jour :